Révélations sur la guerre des 6 jours

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Révélations sur la guerre des 6 jours

Message  isaac le Mer 27 Fév - 16:35

A la veille de la guerre des Six Jours, en mai 1967, l'URSS avait donné ordre à ses navires de guerre stationnant en Méditerranée de faire route vers les côtes israéliennes. Des troupes d'infanterie de marine se préparaient à traverser le canal de Suez. Un pilote d'élite survola la centrale de Dimona, aux commandes d'un Mig 25, le tout nouveau prototype de l'armée de l'air soviétique, sans être abattu par les missiles Hawk israéliens. Tout était prêt pour une attaque contre Israël, que le Kremlin avait soigneusement planifiée, dans le but de détruire la centrale de Dimona, même au prix d'une Troisième Guerre mondiale...








Ce scénario catastrophe n'est pas celui d'un film de politique fiction, inspiré d'un thriller digne de Tom Clancy... Il résulte des travaux de deux chercheurs israéliens, qui sont sur le point de révolutionner l'historiographie de la guerre des Six Jours. Pour Gidéon Remez et Isabella Ginor, deux journalistes vivant à Jérusalem, qui enquêtent depuis plusieurs années sur le sujet, il est clair que la version communément admise de l'histoire de la guerre de juin 1967 est erronée. Selon cette version, qui est partagée par tous les historiens jusqu'à ce jour, Israël a déclenché une attaque préventive contre l'Egypte et la Syrie, après que le président égyptien Nasser eut fermé les détroits de Tiran et amassé ses troupes dans le Sinaï. De son côté, l'URSS aurait tout fait pour dissuader l'Egypte d'attaquer Israël, n'étant pas intéressée au déclenchement d'un conflit dans la région. C'est sur ce point que les découvertes de Remez et Ginor remettent en cause tout ce que l'on croyait savoir.





Ancien directeur du desk étranger à Kol Israël, Gidéon Remez est un fin connaisseur des questions internationales, et s'intéresse depuis longtemps à l'Union soviétique. A la fin des années 1980, il s'est lancé dans un projet de grande envergure sur ce sujet, en collaboration avec Isabella Ginor, journaliste israélienne originaire d'Ukraine, qui a collaboré notamment au journal Haaretz. Leur découverte extraordinaire a commencé de la manière la plus anodine, par un article de journal ukrainien, trouvé en 1998 par Isabella Ginor au hasard de ses nombreuses lectures.

Dans cet article, un officier soviétique relatait ses souvenirs de service en Méditerranée, et racontait comment il avait reçu l'ordre du commandant du navire sur lequel il se trouvait de préparer une unité de 30 "volontaires" pour débarquer sur les côtes d'Israël. Intrigués par cet article, Ginor et Remez ont commencé leurs investigations. Contacté par téléphone, l'officier soviétique en question leur a raconté qu'il devait débarquer à Haïfa en mai 1967.

Cette première découverte a été suivie par d'autres trouvailles, tout aussi stupéfiantes. Malgré la volonté soviétique de dissimuler son implication dans la guerre de 1967, plusieurs indices ont fini par apparaître au grand jour, y compris dans des publications officielles. En épluchant les numéros du journal du Ministère de la Défense du Bélarus, Isabella est ainsi tombée sur le témoignage d'un officier, qui commandait une unité d'infanterie de marine. Il relatait comment celle-ci, basée en Egypte à la veille du conflit, avait vainement tenté de traverser le canal de Suez, armée de lanceurs portables de missiles Katyousha...Bombardée par l'armée de l'air israélienne, son unité avait été décimée. L'auteur de l'article, qui voulait rendre hommage à ses compagnons d'armes disparus, n'indiquait pas la date des événements relatés, mais il est clair d'après le contexte que cet épisode se situait au début de la guerre des Six jours. Par la suite, Ginor et Remez ont réussi, par un travail de fourmi, à identifier d'autres témoignages de soldats de l'armée soviétique, qui se trouvaient dans la région à la veille du conflit.





Un plan conjoint entre l'URSS et l'Egypte








La conclusion qui ressort de leurs recherches - qui sont loin d'être achevées - est contraire à toute l'historiographie traditionnelle : selon Remez et Ginor, il est désormais clair que l'Union soviétique avait élaboré dès 1966 un plan conjoint avec l'Egypte, visant à entraîner Israël dans la guerre. Selon ce plan, Israël devait être provoqué à attaquer le premier, pour être considéré comme l'agresseur au regard du droit international, ce qui aurait permis à l'URSS d'intervenir ensuite pour défendre son protégé égyptien.





Un des aspects les plus révolutionnaires de leurs conclusions est lié au facteur nucléaire. En 1956 déjà, lors de la campagne de Suez, l'URSS était intervenue en menaçant Israël d'une attaque nucléaire, si l'offensive conjointe franco-anglo-israélienne contre l'Egypte ne prenait pas fin. Du point de vue soviétique, cette menace avait porté ses fruits. En 1962, lors de la crise des missiles de Cuba, l'URSS avait obtenu le retrait des missiles américains de Turquie, en échange du démantèlement de ses missiles à Cuba. Ce rappel chronologique montre que l'URSS était prête à intervenir de manière très agressive pour défendre ce qu'elle considérait comme ses intérêts vitaux.

Dans ce contexte, la possibilité qu'Israël se dote de l'arme nucléaire était considérée comme très préoccupante par l'URSS. Celle-ci avait tenté de faire pression pour qu'Israël adhère au Traité de non prolifération nucléaire, sans succès. Dès cette époque, l'Etat hébreu avait adopté sa position officielle, qui ne s'est pas modifiée depuis : "Nous ne serons pas les premiers à introduire l'arme nucléaire dans la région".





Au lendemain de la guerre des Six Jours, le journal Haaretz avait publié les plans de guerre égyptiens, saisis dans le Sinaï, d'où il ressortait que les deux objectifs militaires principaux de l'attaque aérienne égyptienne - prévue pour le 26 mai - étaient les centrales atomiques de Dimona et Nahal Soreq. La carte de l'armée égyptienne ne faisait pas état de centrales nucléaires, mais indiquait que ces deux sites étaient protégés par des missiles "Hawk" antiaériens.

Comme l'explique Gidéon Remez, il existe de nombreux témoignages indiquant que les Soviétiques étaient très inquiets de la capacité d'Israël de parvenir à fabriquer une arme atomique et se livraient à des estimations de l'état d'avancement du programme nucléaire israélien. Selon les estimations des renseignements militaires soviétiques, la date butoir était l'année 1967. Un autre facteur qui a contribué à précipiter les événements était le cinquantième anniversaire de la Révolution de 1917. Selon des témoignages recueillis par Remez et Ginor, l'URSS souhaitait obtenir une victoire militaire pour célébrer dignement l'anniversaire de la "grande révolution" d'octobre.





Tous ces facteurs réunis expliquent pourquoi l'URSS avait mis au point un plan offensif contre Israël, prévoyant l'intervention de forces maritimes et terrestres, et prenant en compte la possibilité d'une Troisième Guerre mondiale... Pour certains chercheurs israéliens, il est difficile à admettre que l'URSS ait pris ce risque. Mais comme le fait remarquer Remez, le facteur nucléaire justifiait le risque de l'affrontement avec les Etats-Unis aux yeux de l'URSS, obsédée par l'idée qu'Israël puisse devenir un maillon dans l'anneau occidental qui l'enserrait...





Dès 1960, Nasser avait demandé à ses protecteurs soviétiques de lui fournir l'arme nucléaire, ce que l'URSS avait refusé. Mais elle lui avait promis un "parapluie nucléaire" en cas de conflit avec Israël. Le 25 mai 1967, le ministre égyptien de la guerre Badran se trouvait à Moscou, pour demander l'aval de l'Union soviétique à une attaque contre Israël. L'URSS, on le sait, était opposée à un tel scénario, car elle souhaitait qu'Israël attaque en premier, pour être considéré comme l'agresseur.
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